Le 21 septembre 2026, OpenAI a annoncé que l’un de ses modèles internes avait résolu plus de 100 problèmes mathématiques ouverts sur l’ensemble des grands domaines des mathématiques. Parmi ces résultats figure la résolution du problème de Navier-Stokes, l’une des sept questions du Millénaire recensées par le Clay Mathematics Institute — chacune assortie d’un prix d’un million de dollars depuis 2000. Jusqu’à présent, une seule d’entre elles avait été résolue, par un mathématicien humain (la conjecture de Poincaré, par Grigori Perelman en 2003).
L’annonce est accompagnée de la création d’un groupe consultatif dédié aux mathématiques et à l’intelligence artificielle, composé de neuf mathématiciens de premier plan rattachés à l’Institute for Advanced Study (IAS) de Princeton, dans le New Jersey.
Ce que le modèle a résolu — et ce qu’on sait de la méthode

OpenAI précise que les résultats couvrent la plupart des champs mathématiques. L’annonce ne détaille pas publiquement la liste complète des 100 problèmes ni les preuves associées. Le groupe consultatif aura pour mission d’évaluer ces travaux et de coordonner les publications — ce qui signifie que la communauté mathématique n’a pas encore eu accès aux démonstrations complètes au moment de l’annonce.
Le problème de Navier-Stokes porte sur l’existence et la régularité des solutions des équations qui décrivent le mouvement des fluides visqueux. La question posée par le Clay Institute est précise : existe-t-il, en trois dimensions, des solutions lisses et globalement définies pour des conditions initiales arbitraires, ou peut-il apparaître des singularités en temps fini ? Ni les mathématiciens ni les physiciens n’ont jusqu’ici apporté de preuve complète dans un sens ou dans l’autre. Que cette résolution soit confirmée changerait un pan entier de la mécanique des fluides et de l’analyse des équations aux dérivées partielles.
Un comité consultatif sans pouvoir de contrôle
La formation du groupe consultatif intervient en réaction directe à une lettre ouverte signée par 25 lauréats de la médaille Fields — la plus haute distinction en mathématiques. Ces signataires exprimaient des inquiétudes sur le rythme auquel OpenAI développe et publie ses résultats en mathématiques, et sur les conséquences pour la discipline.
Camillo De Lellis, membre de l’IAS et seul signataire de la lettre Fields à rejoindre le groupe, figure parmi les neuf mathématiciens nommés. Les membres du comité ne reçoivent pas de rémunération et conservent leur liberté d’expression publique.
Mais la portée de ce comité reste strictement consultative. Selon TechCrunch, OpenAI a été explicite sur le fait que le groupe ne disposerait d’aucun levier pour ralentir ni réorienter la recherche mathématique en cours au sein de la société. Son rôle se limite à l’évaluation des résultats et à la coordination avec la communauté académique pour les publications.
Cette limitation est notable. Lorsqu’une organisation crée un organe de supervision en réponse à des inquiétudes exprimées par la communauté scientifique, la question de ses attributions réelles détermine si cet organe constitue un espace de dialogue ou un signal de communication. Ici, la réponse est clairement indiquée à l’avance.
Contexte : une accélération sans précédent en mathématiques
Les outils d’IA formelle ont progressé rapidement ces dernières années. AlphaProof de DeepMind avait démontré en 2024 que des modèles pouvaient résoudre des problèmes de niveau olympiade internationale. Plusieurs travaux publiés en 2025 montraient des modèles capables de prouver des théorèmes non triviaux dans des assistants de preuve formelle comme Lean 4 et Isabelle.
L’annonce d’OpenAI marque un saut qualitatif si elle est confirmée : passer de problèmes de concours à des problèmes ouverts depuis des décennies, voire plus d’un siècle pour certains, et réussir à couvrir l’ensemble du spectre des mathématiques en un seul modèle, représente une rupture de niveau.
La prochaine étape sera la publication des preuves et leur évaluation par la communauté. Les mathématiques ont l’avantage sur d’autres disciplines de disposer d’un critère de vérité formel : une preuve est correcte ou elle ne l’est pas. C’est ce processus de vérification — indépendant d’OpenAI — qui déterminera si ces résultats sont ce que l’annonce affirme.
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Source : OpenAI (21 septembre 2026) ; TechCrunch.