Lors d’un événement de collecte de fonds démocrate, jeudi 10 septembre, Barack Obama a demandé à son camp de faire de l’intelligence artificielle l’une de ses priorités politiques centrales. Il a nommé Dario Amodei (Anthropic) et Sam Altman (OpenAI) dans ses propos, rapportés ce dimanche par le New York Times à partir d’une transcription partielle fournie par son équipe.
« Ça peut être dangereux » : les mots exacts d’Obama
Obama s’exprimait lors d’une interview conduite par Hakeem Jeffries, chef de la minorité démocrate à la Chambre. Le contexte : une levée de fonds démocrate, un format semi-fermé. La transcription n’est pas intégrale : l’équipe d’Obama en a fourni une version partielle au New York Times, qui l’a publiée. TechCrunch relaie l’information ce dimanche 13 septembre.
Ce type d’événement est courant dans la politique américaine. Les fonds levés servent à financer les campagnes des candidats démocrates aux midterms de 2026, qui détermineront si les démocrates peuvent retrouver la majorité au Congrès.
Les extraits publiés sont directs. Sur le risque : « This is something that is moving very fast in private hands, and if we don’t get on top of it, I think can be dangerous. » Sur la condition d’un scénario positif : « If we do get on top of it, I do think it’s beneficial. » Il cite le développement pharmaceutique parmi les applications bénéfiques.
Son appel concret : une fois la majorité retrouvée, les démocrates devraient « put together a framework for a very public conversation » sur une technologie qui se développe, selon lui, principalement entre des mains privées. Il ne détaille pas ce que ce cadre contiendrait.
Amodei et Altman nommément mentionnés
L’article TechCrunch, qui relaie le reportage du New York Times, indique qu’Obama a mentionné Dario Amodei, PDG d’Anthropic, et Sam Altman, PDG d’OpenAI. Les extraits disponibles ne précisent pas dans quel contexte exact ces noms apparaissent.
Leur présence dans le discours d’un ancien président, lors d’un événement politique, indique une familiarité directe avec les acteurs du secteur. Anthropic et OpenAI sont les deux labs américains les plus influents sur la définition des standards de sécurité de l’IA. Dario Amodei s’était lui-même exprimé le 12 septembre sur la nécessité de ralentir la progression des modèles frontières.
La position Trump : compétition sans cadre contraignant
Le contraste avec l’administration en place est réel. Trump a annulé en 2025 le décret Biden sur la sécurité de l’IA, et a orienté la politique fédérale vers la compétition avec la Chine, sans régulation contraignante adossée. Obama ne formule pas de critique explicite de cette position dans les extraits rapportés : il articule son propos autour de ce que les démocrates feraient s’ils retrouvaient la majorité.
Où en est la réglementation américaine
Les États-Unis n’ont adopté aucune loi fédérale encadrant l’IA. L’Union européenne a publié l’AI Act, dont les premières obligations s’appliquent depuis 2024. Plusieurs États américains ont tenté des législations locales : la Californie avait voté le SB 1047 en 2024, mais le gouverneur Gavin Newsom l’a bloqué sous pression de l’industrie tech.
Au niveau fédéral, le Congrès a tenu des auditions et plusieurs sénateurs ont proposé des textes, sans qu’aucun n’aboutisse. L’appel d’Obama reste au niveau des intentions politiques, pas d’une proposition législative précise.
C’est la première prise de position publique notable d’Obama sur la régulation de l’IA depuis plusieurs années, et la première fois qu’il nomme explicitement des dirigeants de labs dans un contexte politique américain. La question de savoir si ce discours aura un écho dans les propositions législatives démocrates concrètes n’est pas tranchée : Obama n’occupe plus de fonction officielle, et son influence sur l’agenda législatif passe par la pression publique, pas par un mandat direct.
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Source : TechCrunch, 13 septembre 2026, citant une transcription partielle du New York Times.