Jakub Pachocki, chef scientifique d’OpenAI, appelle à une coordination internationale du développement de l’IA dans son essai An Alien Mind. Il estime que les laboratoires ne peuvent pas poursuivre l’augmentation des capacités en toute confiance avec leurs méthodes actuelles de contrôle. OpenAI publie parallèlement des résultats sur l’utilisation de GPT-5.6 Sol pour entraîner Luna.
Une IA qui participe à l’entraînement d’autres modèles

La Recursive Self-Improvement (RSI), ou auto-amélioration récursive, désigne ici la contribution d’une IA au développement des modèles suivants. Cette contribution peut prendre la forme de tâches de recherche ou d’opérations d’entraînement déléguées à un modèle.
Dans l’exemple publié par OpenAI, Sol reçoit une consigne générale d’entraînement, choisit des configurations et des GPU, puis lance une opération de post-entraînement pour produire Luna. Le résultat décrit concerne donc une participation à l’entraînement d’un autre modèle, sans supervision humaine détaillée de chaque choix.
OpenAI évalue cette activité avec un RSI Index, qui agrège des tâches comme le débogage des systèmes d’entraînement ou l’optimisation des recettes. GPT-5.6 Sol y obtient 16,2 points de plus que GPT-5.5. L’entreprise présente ces travaux dans Research acceleration: the view inside OpenAI.
OpenAI annonce avoir atteint ce mois-ci le stade de « stagiaire IA automatisé ». L’entreprise vise ensuite un chercheur IA entièrement automatisé d’ici mars 2028. Cette échéance est un objectif de développement.
L’appel de Pachocki à des seuils communs
Dans An Alien Mind, Pachocki soutient que les progrès de l’alignement et de la supervision ne suffisent pas encore à garantir la maîtrise d’une augmentation continue des capacités.
Il s’attend à ce que la trajectoire actuelle donne aux IA un rôle croissant dans leur propre développement, avec des sauts de capacité « d’égale ou plus grande magnitude » que ceux déjà observés. Il appelle à des ralentissements volontaires coordonnés entre laboratoires jusqu’à l’établissement de seuils de sécurité communs.
« La machine RSI sera au cœur même de la découverte scientifique future si le progrès IA continue. C’est pour ça qu’OpenAI y consacre ses recherches, parce que c’est le seul moyen de rester à la frontière. »
Jakub Pachocki, An Alien Mind, 6 septembre 2026
Une coordination proposée pendant l’accélération des travaux
Les deux publications exposent une tension : OpenAI poursuit l’automatisation de sa recherche tout en demandant des limites collectives à son développement. L’appel à ralentir dépendrait d’une coordination entre plusieurs laboratoires et ne décrit pas un accord déjà conclu.
Dans son analyse, Simon Willison rapproche la hausse des dépenses en agents des chercheurs d’OpenAI, fin juillet, de leur possible accès à un précurseur de GPT-6 Astra. Il s’agit d’une hypothèse sur cette accélération interne.
Le texte de Pachocki porte sur la capacité humaine à superviser cette boucle de développement. Les seuils proposés devront définir à quelles conditions les laboratoires peuvent poursuivre leurs travaux et dans quels cas un ralentissement commun devient nécessaire.
Pour passer de l’actualité à l’usage concret dans ton travail, la formation pour apprendre à faire travailler l’IA commence par une partie gratuite complète.